L’activité d’exploitation de l’énergie géothermie profonde est souvent considérée comme vertueuse dans la mesure où l’énergie serait « renouvelable ». Notre association considère que ce n’est pas le cas. Nous l’avons déjà démontré à plusieurs reprises. En voici trois éléments pour l’illustrer :

article rédigé par Pierre Thomas de l’ENS Lyon – Laboratoire de Géologie de Lyon

article : https://planet-terre.ens-lyon.fr/article/chaleur-Terre-geothermie.xml

extraits :

  • L’énergie qui se cache sous terre n’est pas infinie, rarement renouvelable à l’échelle humaine, souvent difficile à capter.
  • Quelle est l’origine de la chaleur dégagée par la Terre ? La première source d’énergie c’est la radioactivité naturelle. La Terre actuelle contient quatre isotopes radioactifs abondants dont la désintégration libère de l’énergie en quantité significative : le thorium 232 (232Th), deux isotopes de l’uranium (238U et 235U) et le potassium 40 (40K). C’est la désintégration du 232Th qui contribuerait le plus (44%), puis celle de 238U
    (39%), du 40K (15%) et enfin de 235U (2%). C’est le manteau qui produit le plus de chaleur d’origine radioactive (les deux tiers).
  • Une moitié de la puissance dégagée par la Terre n’est donc pas produite par une quelconque source d’énergie, mais par le refroidissement de la masse de la Terre, que l’on appelle refroidissement séculaire.
  • La géothermie à haute et moyenne température exploite donc de la chaleur non renouvelable à échelle humaine.

Extrait de l’article des DNA du 3 mars 2018 qui parle d’une conférence sur la géothermie en Allemagne

Un article du courrier des lecteurs des DNA (Gilbert SCHLEWER d’Ostwald) est allé dans le même sens.

« C’est une lapalissade de dire qu’une énergie renouvelable est une énergie dont le stock peut se régénérer. Est-ce pourtant toujours le cas des projets que l’on présente comme tels ?

  • L’énergie solaire qu’elle soit directe ou indirecte est renouvelable. L’énergie solaire directe c’est, par exemple, la photosynthèse de la végétation, des fruits et légumes, la synthèse de la vitamine D chez l’homme ou le captage par des panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques.
  • L’énergie solaire indirecte c’est le cycle de l’eau : évaporation, nuage, pluie, neige, ruissellement, rivière, océan, évaporation… Cette énergie est notamment récupérée via les barrages. Cette eau va aussi capter de la chaleur au contact du sol, lui-même réchauffé par le soleil. Une partie de cette eau réchauffée va s’introduire dans les sols et alimenter les nappes phréatiques. L’aquathermie par pompe à chaleur sur nappe phréatique peu profonde utilise cette énergie solaire renouvelable.
  • L’énergie solaire indirecte, c’est aussi le vent. C’est l’air réchauffé par le soleil qui induit les circulations de masses d’air (simplification). Cette énergie solaire est récupérable grâce aux moulins à vent ou éoliennes.
  • L’air qui est réchauffé par le soleil est aussi une forme de stockage d’énergie renouvelable utilisée par les pompes à chaleur air/eau.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que cette énergie est renouvelable parce qu’elle nous arrive de l’extérieur de notre Terre.

Dans le cas de la géothermie profonde, la ressource thermique est l’énergie interne de la Terre qui est l’énergie la plus fossile qui puisse être sur terre. Elle est substantielle à la Terre. Une fois consommée, elle ne se renouvelle en aucune façon. La quantité d’énergie disponible est énorme, certes, mais pas renouvelable. À long terme, cette exploitation revient à raccourcir la vie de la Terre elle-même. La crainte sur la géothermie profonde est qu’on ne confonde énergie renouvelable et énergie « propre » non productrice de gaz à effet de serre et autres NOX, SOX, microparticules cancérogènes etc. La géothermie peut être considérée comme « propre » sur ces critères mais pas renouvelable. Encore faut-il se demander si les fissures de la plaine d’Alsace qui rendent l’énergie interne de la Terre plus accessible ne s’accompagnent pas d’une prise de risques lorsque l’on tient compte de la sismicité locale. Les petites secousses enregistrées ces derniers temps en sont des signes qu’il ne faudrait pas négliger. »

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